Oui, dans les mêmes conditions qu'une entreprise hors UE. L'article L. 541-10-9-1, en vigueur depuis le 10 juillet 2026, s'applique lorsqu'« une personne non établie en France » est soumise à la responsabilité élargie du producteur. Le critère est l'établissement en France. La nationalité, l'appartenance à l'UE et la libre circulation n'y entrent pas : une GmbH allemande, une BV néerlandaise, une Srl italienne ou une SL espagnole qui vend directement à des utilisateurs finaux français est visée exactement comme le serait une société chinoise ou américaine. Il n'y a aucun seuil de volume, de chiffre d'affaires ni de taille d'entreprise, et un mandataire désigné dans votre propre État membre ne couvre pas la France.Sources (3)LégifranceLégifrance — article L. 541-10-9-1 du code de l'environnement (texte intégral)
EUR-LexEUR-Lex — Règlement (UE) 2025/40 (PPWR)
ADEMEADEME — quels producteurs sont concernés par les filières REP
Données à l'appui: Prix des mandataires (données de marché)
Ce que dit l'article
La disposition est courte, et ses mots décisifs portent sur l'établissement plutôt que sur l'origine :
« Lorsqu'une personne non établie en France est soumise au principe de responsabilité élargie du producteur en application des articles L. 541-10 ou L. 541-10-9, elle désigne, par mandat écrit, une personne physique ou morale établie en France en tant que mandataire chargé d'assurer le respect de ses obligations … »
Elle ne dit pas « hors UE ». Elle n'exclut pas les entreprises établies ailleurs dans le marché unique. Elle pose une seule question — êtes-vous établi en France — et attache l'obligation à la réponse.
Pourquoi le marché unique n'aide pas ici
Le réflexe est compréhensible : les marchandises circulent librement dans l'UE, pourquoi la France exigerait-elle une désignation locale ? Parce que la REP n'est pas une barrière aux marchandises. C'est une contribution à ce qu'il advient du produit et de son emballage en fin de vie, dans le pays où ce déchet apparaît, et elle est gérée nationalement. Chaque État membre a son propre registre, ses propres filières et ses propres identifiants.
C'est d'ailleurs la direction du droit européen plutôt qu'une exception. Le règlement européen sur les emballages, applicable depuis le 12 août 2026, impose aux producteurs d'être enregistrés dans chaque État membre où ils mettent pour la première fois des emballages à disposition, et son article 45(3) impose à certains producteurs transfrontaliers vendant directement aux utilisateurs finaux de désigner un représentant autorisé dans l'État membre de destination. La France a légiféré plus tôt et plus largement, pour toutes ses filières REP et pas seulement les emballages.
Trois choses qui ne vous exemptent pas
- Un numéro de TVA français. Le droit fiscal français gère une catégorie permanente d'entreprises redevables de la TVA française sans établissement stable en France. Immatriculation n'est pas établissement — voir un numéro de TVA français signifie-t-il que je suis établi.
- Un stock en France. Un 3PL ou un centre de fulfilment est le local de quelqu'un d'autre. Il ne vous donne pas d'établissement et confirme au contraire que vous mettez des produits sur le marché français — voir un stock dans un entrepôt français compte-t-il.
- La conformité chez vous. Un enregistrement LUCID allemand, une adhésion Verpact néerlandaise ou un enregistrement espagnol couvrent ces pays. Ils ne font rien en France, et un IDU français ne fait rien pour eux. Notre site jumeau traite le côté allemand : un mandataire allemand couvre-t-il d'autres pays de l'UE ?
Quand vous n'êtes réellement pas concerné
L'obligation suit la qualité de producteur, et la qualité de producteur suit celui qui met le premier le produit sur le marché français. Vous en êtes donc exclu lorsqu'une entreprise française ouvre le marché à votre place :
- Vous vendez à un importateur, grossiste ou distributeur français qui achète pour son propre compte et revend. Cette entreprise est le producteur.
- Vous avez une filiale française qui importe et vend. La filiale est établie en France et s'enregistre en son nom propre.
- Une place de marché établie en France assure les obligations pour les produits qu'elle vend pour vous. L'article considère l'obligation remplie pour ces produits — mais pas pour vos autres canaux.
Vendre en B2B ne figure pas sur cette liste. Une usine, un hôtel ou un bureau français qui achète vos produits pour les utiliser est un utilisateur final, pas un revendeur ; les ventes B2B directes vous laissent donc producteur. Ce qui change, c'est la filière : les emballages professionnels ont leur propre filière à partir du 1er janvier 2027, traitée dans ce qu'il faut faire d'ici là.
Ce que coûte une erreur
L'article L. 541-9-5 prévoit des amendes administratives — jusqu'à 30 000 € pour certains manquements d'enregistrement, d'IDU et de déclaration, et pour les autres manquements REP jusqu'à 7 500 € par unité ou par tonne pour une entreprise, avec une astreinte pouvant aller jusqu'à 20 000 € par jour jusqu'à la mise en conformité. La première conséquence la plus fréquente est commerciale : les places de marché vérifient l'IDU et désactivent les annonces qui n'en ont pas.
Si vous ne savez pas de quel côté de la ligne vous êtes, le test en deux minutes pose les questions qui tranchent, et vous dit quand la réponse est que vous n'avez besoin de personne.
Questions fréquentes
Notre représentant REP en Allemagne dit couvrir l'UE. Couvre-t-il la France ?
Seulement via une entité établie en France. L'article L. 541-10-9-1 exige que le mandataire lui-même soit établi en France. Une plateforme ou un représentant d'un autre État membre peut organiser la représentation française en désignant une société établie en France ou en s'associant avec elle, et beaucoup le font — mais demandez quelle entité française signe le mandat et quel est son SIREN.
L'UE cherche-t-elle à supprimer cette exigence ?
Une proposition existe au niveau européen pour suspendre la règle du représentant du règlement emballages pour les producteurs établis dans l'UE ; lors de notre dernière vérification, elle n'avait pas été adoptée. Elle ne toucherait de toute façon pas l'obligation française : l'article L. 541-10-9-1 est du droit national, couvre toutes les filières REP françaises et ne dépend pas de la disposition européenne.
Nous vendons très peu en France. Y a-t-il un seuil de minimis ?
Non. L'article ne fixe aucun volume minimal, chiffre d'affaires ni taille d'entreprise. Les éco-organismes publient des régimes simplifiés pour les petits producteurs qui réduisent la contribution, ce qui est une autre question que celle d'être concerné.
Nous vendons uniquement via Amazon.fr. Amazon ne s'en charge-t-il pas ?
Amazon vous demande votre propre IDU et désactive les annonces qui n'en ont pas. Une place de marché établie en France porte une obligation de secours pour les vendeurs non conformes, mais elle protège la place de marché plutôt qu'elle ne vous enregistre. Le Pay on Behalf payait des éco-contributions ; il ne vous a jamais délivré d'identifiant.
